Malus écologique : les sportives les plus influencées

Alors que la nouvelle loi a réduit les marges d’émissions de CO² et augmenté le prix de la taxe écologique, certaines catégories de sportives sont plus touchées par les variations de tarifs.    

Acheter une sportive devient un calcul complexe. De la même manière qu’il est important de bien connaître les critères des assurances, qui diffèrent selon les modèles, la prise en compte du malus écologique est devenue non négligeable. C’est d’autant plus le cas pour les sportives, dont les émissions de CO² sont supérieures. La nouvelle loi, en vigueur depuis le 1er janvier 2018, soumet l’acheteur à une taxe qui a subi une inflation importante ces deux dernières années.

Pour rappel, elle concerne les véhicules qui rejettent au minimum 120 grammes de CO² par kilomètres. Le prix de la taxe pour ces véhicules débute à 50 € et grimpe jusqu’à 10.500 € pour ceux dont les émissions sont supérieures à 185 g/km. Hors électriques et hybrides, peu de sportives peuvent se vanter d’y échapper. Les quelques-unes n’étant pas soumises au malus sont les petites GTi comme la Wolkswagen Up GTi (110 g/km). Mais dans la même catégorie, la Suzuki Swift Sport est taxée à 113€ (125 g/km). La Toyota Yaris GRMN, avec ses 170 g/km, fait figure de mauvaise élève avec une taxe de 6300 € (4673€ en 2017) ! Environ un cinquième du prix du véhicule, affiché à 30.700 € sans ce malus.

Les compactes au cœur des variations

Au sommet de la hiérarchie, les supercars ne sont évidemment pas épargnées. Ferrari, Lamborghini, Aston Martin, les gros modèles Porsche …  Tous sont au-delà des 200 voire 300 g/km. Sauf qu’un malus de 10.500 €, appliqué à des sportives d’au moins 150.000 €, se fait moins ressentir que lorsqu’il s’agit de véhicules dont le prix est bien inférieur. Certaines catégories sont vraiment influencées par cette taxe par rapport à leur prix de base.

Le segment des compactes reflète parfaitement cette limite. La Megane IV R.S. par exemple, est affichée à partir de 39.400 € pour la version en boîte automatique EDC. Un prix auquel il faut ajouter un malus de 3113 € (rejets CO² de 155g/km), portant le prix à 42.513 €. Dans la même catégorie, le prix de la Honda Civic Type R est de 38.910 €. Moins cher que la Megane R.S. donc, mais avant l’ajout du malus. Car la Type R, avec des émissions de CO² bien supérieures à la compacte française (176 g/km), est taxée à 7890 €, augmentant donc le prix à 46 800€. Une fois la taxe appliquée, la différence de tarif entre les deux modèles est donc de plus de 4300 €. Une somme non négligeable par rapport au prix initial de ces sportives.  A titre de comparaison, en 2016, la Honda Civic Type R n’aurait été taxée qu’à 3000 € et la Megane R.S. à 1600 €.

Autres taxes

Si cette tranche de véhicules est très représentative des différences de tarif, le constat est aussi valable pour des modèles plus chers. L’Alpine A110, dont le prix de la nouvelle édition Légende est de 58.500 € est taxée à 860 €. Une Porsche 718 Cayman, affichée à 55.040 €, dont les émissions de CO² sont de 158 g/km, a un malus écologique de 3660 €. Pas illogique puisque les 4 cylindres du 718 Cayman sont plus puissants, mais à l’arrivée la facture est plus chère que l’A110.

Dans un autre duel 100% allemand, l’Audi RS3 Sportback (189 g/km), avec le malus, ne s’affiche pas en dessous de 70.000 €. C’est pour l’instant 10.000 € de plus que l’A45 AMG dont il ne faut pas espérer moins de 60.000 € (malus compris). Le nouveau modèle, qui devrait sortir dans plusieurs mois, équilibrera peut-être plus la balance entre les deux.

Dans tous les cas, il faut prendre en compte le fait que ces simulations ne sont appliquées que sur des modèles sans options. Il faut donc penser à y ajouter le prix d’éventuels équipements supplémentaires et surtout d’autres taxes comme celle pour les véhicules de plus de 10 CV fiscaux ou la taxe annuelle pour véhicule polluant. Concernant le malus écologique, les constructeurs n’hésitent plus à faire des remises et dans certains cas vont même jusqu’à l’offrir. 

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