Nouvelle Mégane R.S. : toujours dans le coup ?

Renault Mégane R.S. (2017)

Dévoilée hier, la nouvelle compacte française ne part pas favorite dans sa catégorie. Du moins, sur le papier. Retour en 2009 où la Mégane R.S. avait déjà fait ses preuves face à une concurrence qui n’est plus la même.

Sur le papier, le nouveau bloc 4 cylindres 1.8 litre de 280 ch de la Mégane R.S. semble un peu juste, surtout vis-à-vis de la concurrence. Seat a annoncé une nouvelle version de la Cupra R avec un 4 cylindres 2.0 litres gonflé à 310 ch. Honda de son côté a dévoilé cette année une nouvelle Type R, qui affole déjà les compteurs. La compacte nippone a claqué le record du Nürburgring dans la catégorie des tractions en 7’43’’80. Et elle est également plus puissante, puisqu’elle embarque un 4 cylindre 2.0 litres développant 320 ch, avec un 0 à 100 km/h effectué en 5’’7.

Une concurrence qui évolue

Faut-il pour autant enterrer la R.S d’avance ? Pas sûr. Il suffit de revenir quelques années en arrière pour s’en rendre compte. Dans le numéro 32 de janvier/février 2010, Motorsport confrontait la compacte française (2ème génération) à ses rivales. Premier constat qui saute aux yeux, certaines concurrentes de l’époque ne jouent plus dans la même cour. Si la Cupra R était déjà alignée face à la Mégane R.S (et jugée très prometteuse), la présence de la Ford Focus RS dans ce comparatif ne serait plus possible aujourd’hui. La sportive américaine a depuis franchi un cap avec son moteur 5 cylindres de 350 ch, ses quatre roues motrices et ses performances plus élevées que ses anciennes rivales. Autre compacte qui a disparu de la circulation aujourd’hui et qui figure dans cet ancien essai, la Mazda III MPS qui n’a plus vraiment d’équivalent aujourd’hui. Quant à la Type R, elle n’était à cette époque pas considérée comme une rivale. La Honda ne développait que 201 ch. Preuve que la sportive japonaise a pris une autre dimension en étant devenu la plus puissante de la catégorie.

Un châssis déjà efficace en 2009

Malgré cet environnement concurrentiel différent, en 2009, la R.S. seconde génération tirait son épingle du jeu. Pourtant, les chiffres n’étaient pas forcément de son côté non plus. La version Cup, utilisée lors de l’essai, était équipée d’un bloc 4 cylindres développant 250 ch à 5 550 tr/min. C’était moins que le 5 cylindres de la Focus RS et ses 305 ch à 6500 tr/min. Mais aussi inférieur à la Mazda III MPS équipée d’un 4 cylindres gonflé à 260 ch à 5500 tr/min, ou encore à la Cupra R, également montée avec un 4 cylindres grimpant à 265 ch à 6000 tr/min. Mais la moins puissante des quatre compactes, arrivait pourtant deuxième de ce comparatif, après la Focus RS qui dominait déjà la catégorie. Le châssis de la sportive française compensait déjà ce manque de puissance. La Mégane R.S. avait surpris par sa maîtrise, sa rigueur et son efficacité. Niveau performance, elle s’alignait avec ses rivales qui atteignait toutes les 250 km/h (limités pour la Cupra R) exceptée la Focus RS qui pointait à 263 km/h. En revanche, elle tenait tête à sa concurrente américaine dans l’exercice du 0 à 100 km/h, avec 6’’5.

Côté tarif, le prix de la française (avec pack RS Cup) était fixé en 2009 à 31.500€. Huit ans plus tard, Renault n’a pas encore communiqué sur le prix, qui devrait se situer entre 35 et 40.000€. La Type-R est facturée 38 910€ et le prix de départ de la Cupra R en France est de 34.650€ (28.860€ en 2009). En une petite dizaine d’année, la catégorie a pris de la valeur, en partie parce que les performances ont été revues à la hausse.

Un essai comme juge de paix

On peut donc regretter que Renault n’ait pas fait prendre un peu plus d’ampleur à la R.S., aux vues des attentes qu’elle suscitait. Alors que la Focus RS a changé de dimension, que la Type R est arrivée en force dans cette catégorie, et que la prometteuse Cupra R de 2009 a elle aussi bien évolué, la Mégane R.S. semble ne pas pouvoir suivre le train.

Peu importe, elle règlera encore une fois ses comptes sur circuit. Nous l’emmènerons à Magny Cours, où la provocatrice Type R vient tout juste de reprendre deux millièmes à la Trophy-R dans les pages de notre dernier numéro (1’25’’39). A l’époque, la R.S. III Cup avait déjà surpassé les 305 ch de la Focus RS de presque deux centièmes (1’27’’87 contre 1’28’’06). Un chrono que la nouvelle Mégane R.S. devrait selon toute vraisemblance améliorer. Ce qui nous autorise quand même à être déçu des ambitions affichées sur le papier. Selon nos informations, la fiabilité du moteur partagé avec l’Alpine A110 serait problématique au delà de 300 ch, ceci expliquant cela.

Même si le constructeur français a annoncé une version Trophy de 300 ch (avec le moteur de l’Alpine A110 Cup ?), elle restera en marge de la Cupra R et de la Type R, qui sont aujourd’hui identifiées comme ses deux grandes rivales. Mais, par le passé, la Mégane R.S. a démontré que ce manque de puissance n’affectait ni son efficacité, ni ses performances. Les espoirs reposent sur le châssis et le nouveau système 4C Control qui permet aux quatre roues d’être directrices. Nous aurons la réponse définitive dans les mois à venir, lorsque viendra l’heure d’en prendre le volant !

Aurélien Gourgeon