Pneumatique : quel avenir pour le semi-slick ?

A l’heure où la réglementation sur les consommations de carburant se durcit, le semi-slick, pénalisé, ne fait pas figure de bon élève. Pas de quoi s’alarmer pour autant.

Le 1er novembre 2018, le décret européen interdisant la production et la vente de pneumatiques classés F et G en résistance au roulement (efficacité énergétique) est entré en vigueur. La « nouvelle » n’est pas passée inaperçue chez les amateurs de sportives et de trackdays ; les semi-slicks étant directement impactés par cette règlementation.

« Une évolution anticipée »

En réalité, si cette norme apparait très soudaine et brutale pour l’avenir du semi-slick, elle ne va pas changer grand-chose. « Lorsque l’étiquetage a été mis en place en 2011, il était déjà prévu qu’il y ait ce durcissement dans le marché dès novembre 2018. C’est juste une évolution des normes que les manufacturiers avaient anticipée », assure Julien Taillandier, expert technique chez le comparateur Rezulteo. Pour preuve, nombre de semi-slicks récents ont été adaptés. Parmi les références actuelles, le Michelin Pilot Sport Cup 2 est classé E, tout comme le Pirelli P Zero Trofeo R. Chez Yokohama, le A052 commercialisé depuis 2016 est lui aussi conforme.  

Malgré tout, ce décret pénalise plusieurs semi-slicks s’étant imposés comme des valeurs sûres (Yokohama A048 classé G, Toyo R888 classé F…) chez les pistards. La Commission européenne a accordé aux revendeurs un délais de 30 mois afin d’écouler les stocks sur ces produits. Attention, cela ne signifie pas qu’au-delà de ce terme, les pneus concernés disparaitront. Les manufacturiers peuvent effectuer une mise aux normes. « Il est certain qu’ils le feront, assure même Julien Taillandier. Ils ont du temps pour faire cette mise à jour, donc il n’y a aucune inquiétude à avoir là-dessus. »

La Koenigsegg Agera RS équipée de Michelin Pilot Sport Cup 2 lors de son record de vitesse, en 2017.

Une offre abondante

Toutefois ces nouveaux critères, plus stricts, pourraient freiner le développement des semi-slicks et impacter leurs performances. « En théorie, on pourrait l’admettre. Mais la règlementation laisse un peu de marge et la technologie évolue sans cesse. Les manufacturiers travaillent sur la chimie, les molécules, les matériaux… qui permettent de rattraper un hypothétique retard à cause de cela », explique Julien Taillandier. Le nouveau et très performant Michelin PS Cup 2 R, classé E, atteste de l’efficacité des services de recherche et développement chez les manufacturiers de première zone. De son côté, Goodyear a dévoilé une nouvelle gamme de pneumatiques hautes performances Eagle F1 Supersport, dont le plus évolué « Supersport RS » a pour objectif de concurrencer ce qu’il se fait de mieux actuellement. Chez les concurrents intermédiaires, l’adaptation sera sans doute plus longue. Il n’empêche que le semi-slick est également répandu chez ces manufacturiers à l’image de Nankang et le NS-2R ou de Maxxis et le ZR9.

 « Les manufacturiers n’ont jamais autant produit de semi-slick. Il y a quelques temps, ils ne voulaient même pas vendre ces produits-là à cause de leur dangerosité et passaient par des revendeurs. Maintenant ce sont des pneus sur lesquels il y a des grosses marges », assure Julien Taillandier. Difficile ainsi d’imaginer que ce décret puisse impacter le marché, la tendance actuelle et les progrès effectués depuis plusieurs années allant à l’inverse de cette mesure. L’odeur de gomme brûlée sur des pneus homologués pour la route a encore de beaux jours devant elle !

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