Face à Tesla, Polestar arrive au meilleur des moments

Avec le lancement de son premier modèle et son ambition de produire à terme des sportives 100% électriques, Polestar adresse un message fort à Tesla. De quoi effrayer Elon Musk ? Pas sûr …

Polestar, la nouvelle marque sportive de Volvo, a dévoilé en début de semaine la « 1 », son premier modèle : Un coupé quatre places hybride de 600 ch. Un premier et dernier véhicule hybride, le constructeur ayant annoncé que les prochains seraient 100% électriques. Car Polestar a pour ambition de devenir leader dans un domaine alliant électrique et performance. Pour cela, Volvo et Geely n’ont pas lésiner sur les moyens en investissant plus de 630 millions d’euros sur la nouvelle marque. Le constructeur suédois lui-même est d’ailleurs bien avancé dans le domaine. D’ici 2019, toutes les Volvo devraient être équipées de moteurs électriques uniquement.

La Polestar 1 comme rampe de lancement

Avec la « 1 », Polestar ne propose rien de très innovant, du moins esthétiquement. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau au Coupé Concept que Volvo avait dévoilé en 2013. Même sous le capot, Polestar a repris l’unique 4 cylindres Drive-E qui équipe maintenant les Volvo. La grande innovation vient des deux moteurs électriques, délivrant près de 220 ch. En gros, on se retrouve avec le Coupé Concept, annoncé à 400 ch à l’époque, qui fait finalement 600 ch avec Polestar.

Mais il faut surtout voir la « 1 » comme un modèle qui va servir de rampe de lancement. Polestar s’appuie sur un concept qui avait beaucoup séduit en 2013 et y ajoute son savoir-faire en matière électrique. Capable de parcourir 150 km en mode tout électrique, le coupé hybride est le plus performant de sa catégorie. Pour la suite, le constructeur a d’ores et déjà annoncé une berline 100% électrique d’ici 2019, qui viendrait concurrencer directement la Tesla Model 3.

Période difficile pour Tesla 

La Model 3 justement, dont la production est retardée alors que 500 000 acheteurs ont pré-commandé le modèle contre un acompte de 1000 dollars. Sur les 1500 exemplaires qui devaient être produits en septembre, seulement 260 l’ont été. Pire encore, l’entreprise vient tout juste de licencier plusieurs centaines de personnes. Une nouvelle que confirme Tesla, par l’intermédiaire d’un porte-parole : « Comme toutes les entreprises, Tesla procède à un examen de la performance annuelle au cours duquel un responsable et un employé discutent des résultats ayant été accomplis y compris comment ceux-ci ont été atteints ». La rigueur insuffisante de certains employés vis-à-vis de la production de la Model 3 serait donc à l’origine de ces licenciements.

La marque américaine ne se porte donc pas aux mieux. Tesla pourrait même avoir du mal à produire les 500 000 berlines annoncées. Elon Musk, son président très actif sur les réseaux sociaux, a d’ailleurs vite répliqué. Sur Instagram, l’homme d’affaire américain a récemment publié une vidéo de la fabrication du Model 3. On parle là d’une berline plus que d’une sportive, mais il n’empêche que Polestar s’y attaquera. Reste à savoir sous quelle forme. Car une version plus puissante de la Model 3 a déjà été annoncée pour 2018. Et ce, malgré les problèmes de productions actuels.

Elon Musk en a vu d’autres

Du Elon Musk tout craché. On commence à bien connaitre le personnage et sa notion de grandeur supérieure à la normale. Tesla, qui a plus que doublé ses ventes en 2016 (76 230 immatriculations) a pourtant été en dessous de l’objectif fixé par son président. Ce qui n’empêche pas la marque américaine de jouir d’une certaine côte de popularité en France. Cette année, de janvier jusqu’au mois d’août, 780 Tesla ont été immatriculées (492 model S et 288 model S), contre 485 en 2016 sur la même période.

Malgré cette hausse Tesla n’est pas au mieux actuellement. Sans le vouloir, Polestar arrive sur le marché peut-être au meilleur des moments. Coïncidence, hasard… On se passera d’hypothèses farfelues. Quoi qu’il en soit, la nouvelle marque de Volvo envoie un message fort à la concurrence. Mais la production de la « 1 » ne débutera qu’en 2019… D’ici là, Elon Musk et son égo ont le temps d’affronter encore quelques crises. Et de contrer l’arrivée d’un concurrent qui doit encore faire ses preuves avant de vouloir se frotter à la marque américaine. 

Aurélien Gourgeon @auregourgeon

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