Premier essai du Porsche Cayman GT4

Cayman GT4 rearUn Cayman à la sauce GT3 était tellement légitime et attendu que l’essayer enfin à Faro, au Portugal, est plus un soulagement qu’une réelle surprise. L’appellation GT4 n’a pas d’autre vocation que de créer une hiérarchie avec la 911. Une version course du Cayman n’est pas encore au programme et, quoiqu’il soit, n’a pas fait partie du cahier des charges du GT4. Il n’empêche, le Cayman des pistards affiche un lien de parenté étroit avec la 911 GT3 dont il reprend le train avant, les freins, la direction, les amortisseurs, et, le plus important, la philosophie.
GT3 dans l’âme
Réellement pensé pour la piste où il excelle avec un impressionnant 7’40 sur le Nürburgring, le Cayman GT4 bénéficie d’un gros travail aéro lui permettant d’être le premier Cayman à afficher une portance négative, autrement dit des appuis (environ 100 kilos à la vitesse maxi de 295 km/h). Le train arrière qui n’a pas pu être repris de la GT3 pour des raisons évidentes de structures (moteur central versus porte à faux), n’en demeure pas moins revu de fond en comble. Il est plus rigide et ajustable, comme à l’avant, notamment en carrossage, tandis que trois positions sont proposées pour la barre antiroulis sur les deux essieux. Posé sur des ressorts courts, le Cayman GT4 est abaissé de 30 mm par rapport au GTS. La suspension PASM, en série, dispose quant à elle d’un setup spécifique.
Coeur de 911
Côté mécanique, on retrouve le 3.8 litres de la 911 Carrera S développant ici 385 et non pas 400 chevaux pour des raisons techniques et non marketing (le chef de projet est formel). Le soucis viendrait de l’admission moins efficace sur le Cayman où le moteur est encapsulé.
Au volant
Les premières impressions au volant sont conformes au look de la bestiole. La parenté avec la GT3 est frappante en matière de feeling de direction, de précision, de réactivité. Autrement dit, on tutoie la perfection. Parfaitement calé dans les baquet carbone, le pilote savoure un caractère franc et un toucher de route exceptionnel. A l’instar de la GT3, le Cayman GT4 reste agréable et facile de prime abord, bien que ferme et hyper vivant. Les semi-slicks Michelin Pilot Sport Cup 2 offrent en prime une motricité et un grip latéral époustouflants.
Côté transmission, Porsche fait machine arrière et choisi d’imposer la boîte manuelle à six rapports (renforcée par rapport à celle du GTS) dans une logique old school qui collait bien, selon le chef de projet, à la philosophie générale de l’auto.
Le résultat est épatant et pour tout dire émouvant tant ce genre de commande de boîte ultra ferme et précise fait figure d’exception de nos jours.
Le flat six est au diapason avec une sonorité très typée émanant de l’échappement sport (le même que le GTS) et un caractère à haut régime qui fait croire que le régime maxi est supérieur à 7800 tours. Certes, nous sommes loin des 9000 tours de la GT3, mais rares sont les mécaniques modernes à distiller encore une telle charge émotionnelle. Côté perfs, Porsche annonce un 0 à 100 km/h en 4”4. C’est le temps réclamé par une 911 GTS… Y a plus de respect !
Affiché à 88 310 €, le Cayman GT4 ne fait pas payer si cher ses prestations exceptionnelles. Il reste 4500 € moins cher que la plus accessible des 911 doté du 3,4 litres de 350 chevaux, et 50 000 € moins cher qu’une GT3 ! Porsche propose un concept plutôt singulier, dans l’esprit d’une Lotus Exige V6 S mais en plus abouti, qui devrait faire un malheur chez les pistards fortunés mais pas trop.
Pour ne rien gâcher, la production devrait être limitée à environ 2000 exemplaires, ce qui fera assurément du GT4 un vrai collector.
Nicolas Gourdol

Retrouvez l’essai complet incluant quelques tours du circuit Portimao dans le numéro 63 de Motorsport, en kiosque début avril !

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